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On cherche...

Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 23:34
Je m'excuse pour ceux qui arriveront ici par une recherche qui sera fausse, mais c'est le seul titre qui me vienne en tête alors...

Le moral. Ce petit truc invisible qu'on a tous dans la tête, ou pas. Qui est là un jour, qui est aux abonnés absents le lendemain... Des fois les jours suivants. Ou les semaines, les mois, voire les années, c'est selon les gens.

En fait, s'il était juste possible pour moi d'analyser la situation à la maison de façon objective, et par cela, j'entends "nous", les gens qui y vivont... Si je ne connaissais rien de la dépression, j'aurais tendance à dire "Hmmm... C'est une maladie contagieuse, attention !".
Enfin, quelque part, ça a une forme de contagion. Puisque l'apparence du dépressif qui ne prend plus soin de lui ne le fait pas se sentir mieux, loin de là, et a donc sur le visage l'air même d'une tristesse profonde et latente. Ca touche la personne en face, qui, si elle est dans le même cas, se verra vite chatouillée/agacée/énervée par des choses d'une futilité affolante. S'ensuit alors une série de journées où personne ne se parle (il faut éviter, la Parole devient de l'huile en continu sur un feu de plus en plus vivant alors même que personne n'y remet du bois) et où, donc, l'état général continue de chuter.

On en arrive maintenant à ne plus avoir de café, la dernière bouteille de boisson est entamée (du coca, je précise, notre dernier luxe qui était de pouvoir boire un apéro par jour étant terminé déjà). Niveau viande, on se limite, donc on se contente généralement de jambon (cuit, cru, haché, dans une tarte) ou de steak haché (nature, épicé, sauce moutarde). Tout ce qui sert à faire des gâteaux est épuisé également (farine, lait, oeuf). Les légumes sont réduits aux pâtes.


Les rancoeurs s'accumulent. Ma mère ne digère pas qu'il y a 2 ans, mon père aurait pu nous faire rentrer dans son usine (nous étions toutes deux au chômage). Entre autre chose qui ne passe pas en ce moment, elle a une longue liste, c'est compréhensible. J'y suis plusieurs fois dessus aussi.

Personnellement, je reste dubitative sur le fait qu'avant, mon père avait son salaire, ma grand-mère (qui vivait chez nous) donnait sa retraite pour les courses et autres, il avait accès à ma carte de retrait (où tombait mon chômage). Et on ne s'en sortait pas du tout. Puis est arrivé la fin de mes droits Assedic, donc on a perdu une "rente" (mdr, si on peut appeler ça une "rente", j'me sentais pas vraiment rentière au sens entier du terme :')). Il ne restait plus que son salaire et la retraite de ma grand-mère. Et on ne s'en sortait pas, mais c'était pas forcément pire.
Puis ma grand-mère est partie, et il ne restait plus que le salaire de mon père. Là, ça a fait bobo quand même, de façon générale. Mais ça a tenu plus d'un an. Alors quoi ? Comment il fait ? On a beau être dans une merde incroyable (on risque de perdre la maison) comment est-ce qu'il fait pour réussir à faire avec un salaire là où par le passé, c'était impossible avec quasiment 3 ? Ca me dépasse.

Oui, en ce moment, on est dans une phase où la communication est devenu l'ennemi numéro 1, celui à tuer à vue. Personne ne parle parce que sinon ça peut tourner au vinaigre, tout le monde s'agace que personne ne parle mis à part la télévision qui passe son temps à beugler des conneries, et les fois où quelqu'un (comprendre : ma mère) parle, c'est essentiellement dans un but de reproches. Mon père ne passant ses journées qu'à zapper (3 secondes maximum par chaîne sauf si c'est les publicités ou un générique de fin de film... Là il regarde) alors que ma mère fait la bouffe, le bois, s'occupe du feu. En même temps, quand il fait quelque chose, ça déborde tellement de bonne humeur que c'est peut-être pas plus mal son mode vautré.


Et c'est tellement facile de berner le monde et de faire paraître que tout va pour le mieux. Si c'était pas si triste, ça en serait presque marrant. Ma mère ne supportant pas que je parle de nos problèmes sur Internet aux gens avec qui je chatte, tout va toujours bien, au pire "ça va ça va" et au fond du gouffre un petit "ça fait aller".


Ma mère pense souvent à "ma vie". Au fait que je sois encore célibataire, que j'ai pas de boulot donc que je cotise pas pour ma supposée retraite plus tard (m'en fous, je prendrais un truc via ma banque ou mon assurance, ou j'en ferais plusieurs, je verrais, au pire si j'arrive jusqu'à l'âge de la retraite, j'me foutrais en l'air. On verra si j'y vais, vu comme je fume, c'est pas dit...). Bref, ma mère médite souvent sur cette vie que je laisse passer. Chacun sa méditation. Je sais qu'elle déteste ça, pour le peu d'ébauche que j'ai pu lui en faire (pas trop, sinon elle va se torturer l'esprit), mais je pense aussi. A ce que serait leur vie à mes parents si je n'étais pas là. Si j'avais "cette vie" qui passe, le copain, le boulot (bon ça, j'en ai besoin là de suite), les enfants, l'appart... Bref, si je n'étais plus ici.

J'ai prouvé un peu plus haut que peu importe la "taille" des finances en mode "crédit", mon père tombe toujours sur le solde négatif. Mon frère est doté de deux sourdes oreilles, il se contrefout complètement de ce qui se passe ici (mais ça ne l'empêche pas de venir vérifier si le frigo est rempli ou non et d'hasarder, malgré le desert réfrigéré, si lui et sa demoiselle peuvent venir manger... parce qu'ils ont pas fait les courses. Ou parce qu'ils n'avaient plus de sous après avoir acheté un ordinateur portable). Ca lui passe au dessus de savoir qu'on nous a coupé le courant, que notre père a signé des chèques en blanc. Il ne se pose pas la question de savoir comment va se passer le mois prochain. Rien ne l'intéresse.
Si j'avais "ma vie", que deviendraient mes parents ? Si j'étais comme mon frère ? Ou si j'avais tellement de problèmes dans mon coin que voilà, pas le temps de faire autre chose (mon frère touchant entre 3 à 5000€, il a un montant plutôt convenable pour pouvoir "avoir des problèmes" et pourtant, réussir à penser aux autres. Enfin, s'il le voulait).
Certains appliquent trop le "chacun sa merde". Quand ça tombe dans la même famille, ça en devient affolant. Mes parents se sont foutus dans la merde à cause de lui par le passé, mais c'est comme oublié, évaporé. Sans doute qu'il y a prescription familiale ?...
Mes parents ont décidé de ne plus rien lui demander, enfin c'est pas comme si par le passé, ils lui demandaient beaucoup. Les rares fois où mon père a osé, il a eu plus de refus que d'aide, mais lors des refus, il n'était pas rare de voir peu de temps après des pièces de voitures complètement inutiles mais tellement tuning arriver. Ah, voilà donc pourquoi il a pas pu aider à acheter des steacks hachés.

J'ai un peu de mal à voir à quel moment j'ai pu devenir aigrie. Je me sens aigrie. Et déprimée à un autre stade. A un stade plus éloigné que le stade d'après la déprime. Dans le temps, les déprimes me faisaient pleurer, c'était presque "sur commande", je me sentais soulagée ensuite, j'allais mieux. Mais le système à eau semble endommagé, c'est sec.

Je dois arrêter de fumer mais j'en trouve pas la force (enfin, c'est pas comme si on avait des sous pour en racheter). Je suis passée en mode "fumer tue", dans la course vitesse. Je fume, ça ne m'apporte plus rien, plus aucun "plaisir", plus de soulagement. Même si je n'en ai pas pendant des heures,  quand enfin j'en ai une, pas de plaisir. Rien, sinon l'envie incontrôlable sitôt éteinte, d'en rallumer une. Bien sûr, je suis très loin d'avoir les moyens de fumer 2 paquets par jour, et pourtant, ma façon de fumer a changé. Résultat, je sens que c'est nocif. Qui sait, ce que je sens, c'est ptet mon corps qui me dit que c'est déjà trop tard, qu'est ce que j'en sais. Tiens, j'en aurais presque une très lointaine envie de pleurer. Enfin, on en revient toujours au sentiment que j'ai toujours eu en imaginant ma disparition (plusieurs mauvaises époques) et où au final, je n'ai jamais rien pu tenter et j'étais honteuse d'y penser, simplement par rapport à la dévastation familiale que ça pourrait causer. Ici chez moi, là-bas plus loin. Mais le suicide à la cigarette, ça ne résonne pas comme un "suicide".

Faut vraiment que j'arrête de fumer.
Par Ayanah - Publié dans : Au présent
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